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L’accident cardiovasculaire cérébral (AVC) : causes, symptômes

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Qu’est-ce que l’AVC ?

Un accident cardiovasculaire cérébral (AVC) aussi appelé attaque cérébrale est une perturbation de l’irrigation du cerveau qui peut avoir deux causes: une artère bouchée par un caillot ou la rupture d’une artère qui va créer un hématome. “Un Français sur 5 aura un AVC dans sa vie et presque 1 femme sur 4”, informe le Pierre Amarenco, Chef du service de neurologie et du centre d’​accueil et de traitement de l’attaque cérébrale à l’hôpital Bichat (Paris) qui insiste sur le fait que la majorité des AVC pourrait être évitée.

Il existe deux types d’AVC :

  • L’AVC ischémique:

C’est le type d’AVC le plus fréquent : 85% des AVC sont d’origine ischémique. Cet AVC se produit lorsqu’une artère se bouche ce qui empêche l’irrigation d’une partie du cerveau et empêche celui-ci de fonctionner correctement.

A savoir : lorsque l’artère se bouche de façon transitoire (moins d’une heure en général), on parle d’un accident vasculaire ischémique transitoire (AIT). Il peut être le signe d’alerte d’un AVC dans les jours qui suivent. Les symptômes même transitoires doivent donc faire consulter en urgence.

  • L’AVC hémorragique:

Il représente 15% des AVC et survient lorsqu’une artère cérébrale se rompt ce qui crée un hématome comprimant le cerveau. Il peut s’agir d’une hémorragie cérébrale ou d’une hémorragie méningée. Le plus souvent, l’hémorragie méningée fait suite à une rupture d’anévrisme (rupture d’un anévrisme artériel).

Quelles sont les causes ?

“Il existe plus de 150 causes d’attaque cérébrale, mais quatre grandes causes principales”, décrit le neurologue :

  • l’athérosclérose,
  • la maladie des petites artères hypertensives,
  • les embolies d’origine cardiaque (infarctus du myocarde, maladie des valves cardiaques, fibrillation auriculaire) qui peuvent favoriser la formation de caillots,
  • les anomalies sanguines qui peuvent occasionner la formation de caillots.

Quels sont les symptômes de l’AVC ?

Les symptômes de l’AVC peuvent être une paralysie, une perte de force d’un côté du corps, bras, jambe ou face, ou tout en même temps, une perte de la parole, une difficulté pour articuler, pour sortir des mots ou des mots qui viennent à la place d’autres mots ou encore une difficulté pour sortir les mots dans sa tête.

“L’AVC peut aussi se signaler par des troubles de la vue comme la perte de la vue d’un œil en totalité, la carotide qui irrigue le cerveau irrigant d’abord l’œil, des troubles de l’équilibre (d’un coup, la personne se met à marcher comme une personne ivre, ne peut pas tenir debout), des troubles de la sensibilité de l’hémicorps (fourmillements niveau d’un bras, d’une jambe, de la face, voire de tout le côté)”, décrit le neurologue.

Enfin, un mal de tête extrêmement brutal, inhabituel, en général très violent, peut signaler un AVC. “Ce qui caractérise les symptômes d’un AVC c’est leur apparition brutale”, précise le Pr Amarenco.

Quels sont les facteurs de risque ?

Les facteurs de risque sont communs aux deux types d’AVC et aux pathologies d’origine vasculaire en général. Ils rassemblent des facteurs de risque:

-non évitables : l’âge, le sexe (les hommes sont plus à risque), l’hérédité (plus de risques d’avoir un AVC si un membre de la famille a eu un AVC avant 65 ans), les antécédents d’AVC.

-évitables : hypertension artérielle, diabète, hypercholestérolémie, surpoids, sédentarité, tabagisme et cannabis, consommation d’alcool excessive. “La prévention des AVC est essentielle”, souligne le neurologue.

Comment se soigne l’AVC ? Comment réagir ?

Un AVC doit être pris en charge le plus tôt possible. Il convient d’appeler le 15 ou de se rendre dans l’hôpital le plus proche. Une IRM ou un scanner est effectué pour faire le diagnostic et voir s’il s’agit d’un infarctus cérébral ou une hémorragie cérébrale.

“Le traitement de revascularisation doit être effectué dans les 3h idéalement, dans les 6h qui suivent l’AVC au plus tard”, informe le Pr Pierre Amarenco. Ce traitement de thrombolyse administré par voie intraveineuse a pour objectif de déboucher l’artère bouchée par un caillot.

“Si cela n’est pas suffisant, nous pouvons faire un traitement de thrombectomie, indique le neurologue. Celui-ci consiste à introduire sous contrôle d’imagerie, un cathéter dans l’artère fémorale et à le remonter dans la carotide puis dans l’artère cérébrale afin de retirer le caillot. “La prise en charge dans une unité neuro-vasculaire permet de réduire la mortalité de 30%, notamment grâce à l’intérêt porté aux troubles de la déglutition (responsable de pneumonie) et fait que 60% de patients en plus rentrent à domicile”, informe encore le Pr Amarenco.

Un bilan est fait pour trouver la cause et/ ou les facteurs de risque et les traiter (par exemple diabète, hypercholestérolémie, intoxication tabac ou cannabis, hypertension artérielle…)

La rééducation après un AVC : comment ça se passe ?

Certaines personnes doivent aller en centre de rééducation quelques semaines voire quelques mois après un AVC. “Elles bénéficient d’une rééducation motrice, de langage. Le handicap invisible comme les troubles de mémoire, les troubles de la concentration, les modifications du caractère doivent également être pris en charge par des spécialistes des AVC”, explique le Pr Pierre Amarenco.

Quel pronostic et durée de vie après un AVC ?

150 000 personnes sont victimes d’un AVC en France chaque année, dont plus de 110 000 sont hospitalisées et 30 000 en décèdent. “C’est la première cause de décès chez les femmes, alerte le Pr Amarenco. Cependant, il faut souligner que le taux de mortalité a beaucoup diminué

Plus de 500 000 Français vivent avec des séquelles suite à un AVC. Cette pathologie représente la première cause nationale de handicap acquis de l’adulte. “Globalement, le risque de récidive d’un AVC est compris entre 1 et 8% par an selon la cause, indique le neurologue, mais ce risque est diminué de 80% avec les traitements de la cause”, rassure-t-il.

AVC : comment l’éviter ?

La prévention primaire (si vous n’avez pas eu d’AVC) permet de prévenir la majorité des AVC. Elle est basée tout d’abord sur une bonne hygiène de vie : alimentation équilibrée, activité physique régulière, le tout évitant le surpoids, pas de tabagisme ou de consommation de cannabis, consommation d’alcool.

Il faut aussi faire contrôler sa tension, son taux de cholestérol sanguin et traiter si besoin une hypertension artérielle ou une hypercholestérolémie.

A savoir : cette bonne hygiène de vie vous aide aussi si vous avez malgré tout un AVC. “Les gens qui ont fait un AVC et qui pratiquaient une activité physique ont 50% de risque de handicap en moins”, souligne le Pr Amarenco.

“Nous pouvons diminuer de 80% ce risque d’AVC avec des mesures simples”, indique le neurologue dont l’Association Vaincre l’AVC se donne pour objectif une diminution de 80% des AVC d’ici 2030.

La prévention secondaire (si vous avez déjà fait un AVC) est essentielle également. Elle comprend les mêmes règles que la prévention primaire. “L’activité physique est un point majeur”, indique le Pr Pierre Amarenco qui demande à ses patients de faire chaque matin avant la douche, 30 mn de vélo d’appartement. En plus des règles d’hygiène, la bonne observance des traitements est indispensable.

Sources :

  • Interview du Pr Amarenco, Président du Fonds Vaincre l’AVC, Chef du service de neurologie et du centre d’​accueil et de traitement de l’attaque cérébrale à l’hôpital Bichat (Paris).

Vous pouvez calculer votre risque d’AVC sur ce site et recevoir des conseils personnalisés pour l’éviter

  • Livret L’accident vasculaire cérébral (AVC), Hôpitaux de Saint-Maurice
  • Brochure Mieux comprendre ce qu’est un accident vasculaire cérébral, Franceavc

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