Beaucoup de retraités français au Portugal se demandent si le statut de résident non habituel existe encore, et surtout ce qu’il change pour leurs soins. La réponse tient en deux temps : le régime est fermé aux nouveaux arrivants, mais les bénéficiaires inscrits le conservent. Et il ne vous donne aucun droit particulier à l’assurance maladie.
Le statut RNH existe-t-il encore en 2026 ?
Oui et non, et c’est précisément ce qui rend la question si fréquente.
Le régime du résident non habituel n’accepte plus de nouvelles inscriptions depuis le 1er janvier 2024. Un dispositif transitoire a permis de déposer les derniers dossiers jusqu’au 31 mars 2025, à condition de prouver une installation engagée avant octobre 2023.
En revanche, les personnes déjà enregistrées conservent leur statut jusqu’au terme de leurs dix années. Concrètement, des milliers de retraités français vivent aujourd’hui au Portugal sous RNH, et certains le resteront jusqu’en 2033 ou 2034.
Le régime qui lui succède, l’IFICI, vise la recherche et les métiers techniques à haute valeur ajoutée. Les retraités en sont explicitement exclus.
Un régime fiscal, pas une couverture santé
Voici le point que presque personne ne formule clairement, et il est pourtant central.
Le statut RNH est un régime fiscal. Il n’ouvre aucun droit à l’assurance maladie.
Être résident non habituel ne vous donne ni un meilleur accès aux soins, ni une prise en charge plus rapide, ni un remboursement plus élevé. Votre couverture santé au Portugal repose sur un tout autre mécanisme, que nous détaillons plus bas.
Ce que le RNH change, c’est votre feuille d’impôt. Pour les bénéficiaires inscrits après avril 2020, les pensions privées françaises sont imposées au Portugal à un taux forfaitaire de 10 %. Sans ce statut, elles entrent dans le barème progressif portugais, qui s’étage de 14,5 % à 48 %.
Une précision qui évite bien des malentendus : les pensions du secteur public français restent imposables en France, en application de la convention fiscale entre les deux pays. Seules les retraites privées sont imposées au Portugal.
Ces informations sont données à titre indicatif. Capitone est courtier en assurance santé et non conseil fiscal : pour votre situation personnelle, rapprochez-vous d’un fiscaliste ou de l’administration.
Comment êtes-vous réellement soigné au Portugal
Votre accès aux soins ne dépend pas du RNH mais de votre affiliation à la sécurité sociale portugaise.
La démarche tient en deux étapes. Avant votre départ, vous demandez le formulaire S1, anciennement E121, auprès de votre caisse de retraite française, CARSAT ou CNAV. Une fois installé, vous le déposez auprès de la sécurité sociale portugaise, ce qui vous permet de vous inscrire au SNS, le service national de santé, et d’obtenir votre numéro d’usager.
Vous êtes alors soigné aux mêmes conditions qu’un résident portugais, et la France rembourse le Portugal en arrière-plan. De ce côté-là, vous n’avez rien à avancer.
Là où le système public s'arrête
Le système public portugais est solide, et il n’est pas question de le dénigrer. Mais il a ses limites, et les retraités français les découvrent souvent une fois sur place.
Les délais d’attente dans le public, notamment pour un spécialiste ou une intervention non urgente, sont le premier motif de recours au privé.
Les taxas moderadoras, équivalent du ticket modérateur, restent à votre charge.
Le secteur privé portugais, souvent choisi pour la rapidité et le confort de prise en charge, n’est pas couvert par le SNS.
Le dentaire, l’optique et l’audiologie sont très faiblement remboursés par le public.
Et si vous revenez vous faire soigner en France, le SNS ne vous suit pas.
Pourquoi la fin du RNH pèse sur votre budget santé
Le lien n’est pas évident au premier regard, et pourtant il est direct.
Un retraité qui s’installe aujourd’hui au Portugal sans RNH voit ses pensions privées passer du taux forfaitaire au barème progressif. Sur une retraite de 36 000 euros par an, l’écart d’imposition se compte en milliers d’euros.
Ce qui disparaît de votre pouvoir d’achat, vous le retrouvez en arbitrages : repousser un soin dentaire, attendre un rendez-vous public plutôt que de consulter dans le privé, différer un changement de lunettes. C’est exactement le moment où une complémentaire santé bien calibrée cesse d’être une dépense pour devenir une protection.
Ce que nous couvrons au Portugal
Notre intervention se situe précisément là où le système public s’arrête. Le détail figure sur notre page mutuelle santé des retraités français au Portugal.
Nous complétons les remboursements du SNS, dans la limite de la formule choisie et des frais engagés.
Nous intervenons dans le secteur de soins privé portugais, grâce au réseau Future Healthcare Saúde Prime.
Nous complétons également la Sécurité sociale française si vous vous faites soigner en France.
L’assistance médicale et le rapatriement sont inclus, ainsi que des forfaits prévention et bien-être qui couvrent des soins que le public ne rembourse pas.
L’adhésion se fait sans questionnaire médical jusqu’à 80 ans et sans délai d’attente.
Un point que nous préférons annoncer d’emblée : nous ne proposons pas de garantie en complément de la Caisse des Français de l’Étranger pour les résidents au Portugal. Notre formule portugaise s’adresse aux retraités français résidant fiscalement au Portugal sans CFE, en complément du SNS et pour l’accès au secteur privé.
Questions fréquentes
Je suis déjà sous statut RNH. Vais-je le perdre ?
Non. Les bénéficiaires enregistrés avant la fermeture conservent le régime jusqu’à l’échéance de leurs dix ans.
Puis-je encore demander le RNH aujourd’hui ?
Non. Les nouvelles inscriptions sont closes depuis le 1er janvier 2024, et le dernier délai du régime transitoire est passé.
Le RNH me donne-t-il droit à une meilleure couverture santé ?
Non. C’est un régime strictement fiscal. Votre accès aux soins dépend du formulaire S1 et de votre inscription au SNS.
Le régime IFICI peut-il me concerner en tant que retraité ?
Non. L’IFICI s’adresse aux professions qualifiées et exclut les pensions de retraite.
Ai-je besoin d’une complémentaire santé si je suis inscrit au SNS ?
Ce n’est pas une obligation. Cela devient utile dès lors que vous souhaitez consulter dans le privé, réduire les délais d’attente, ou être correctement remboursé en dentaire, optique et audiologie.
Et si je retourne me faire soigner en France ?
Le SNS ne couvre pas les soins engagés en France. Notre formule intervient en complément de la Sécurité sociale française dans ce cas.
Vous vivez votre retraite au Portugal ?
Capitone est la mutuelle des retraités de France installés au Portugal, au Maroc et en Espagne. Au Portugal, nous complétons le SNS et ouvrons l’accès au secteur privé, sans questionnaire médical.
Sources : CLEISS pour le formulaire S1, textes portugais relatifs au régime transitoire du RNH et au régime IFICI. La fiscalité portugaise étant revue chaque année en loi de finances, vérifiez les taux en vigueur à la date de votre installation. Article mis à jour le 19 septembre 2026.
